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 [LECTURE] Le grand genre Despentes. Apocalypse bébé.

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Matt
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Meg

MessageSujet: [LECTURE] Le grand genre Despentes. Apocalypse bébé.   Dim 25 Mar - 8:43

Que cet article va être compliqué, mon dieu !

« Virgnie Despentes ? C’est bien ça ? » M’a demandé une fille de ma classe du ton le plus dédaigneux qu’il soit. « C’est trash non ? »
« Beh oui, ça l’amuse de choquer. »
« Je vois pas l’intérêt »
« Beh c’est un roman de bonne femme quoi, ça occupe. »

Beaucoup des personnes se trouvant là à ce moment n’ont pas du tout eut l’air d’accord avec moi. Ça ne vaut pas du Victor Hugo ou du Zola mais ça me distrait autrement plus et se commente pareil.

Ainsi dans l’article qui va suivre, certaines questions sont directement inspirées de la fille de ma classe, qui me toise et me méprise ouvertement avec son air et son regard de poisson mort.

Je peux enfin répondre à la question « Apocalypse Bébé, ça parle de quoi ? »
Très simplement, d’une gamine qui se fait la malle et d’une détective privée pataude qui doit la retrouver.

« C’est pas folichon. »
Non, c’est pas folichon. Quelques critiques sont bonnes, enfin, par critique j’entends petites phrases bien placées, petites piques vicieuses qui arrachent un sourire.

« Elle écrit mal en plus, non ? »
Pour une fois (enfin, d’elle je n’avais lu que Baise-Moi, article à venir), ce roman n’est pas bâclé. Je le répète le style n’est pas du Stendhal -putain je ne sais jamais où est le H !- mais ça se lit, c’est agréable. On voit que le livre a été au moins travaillé. Je dis ça car Baise-Moi, rassemble tout un roman, mais, écrit à la va-vite, les mots balancés à l’arrache, vulgaires, sujet-verbe-complément en option. Alors qu’ici, au moins, on peut voir des connecteurs logiques entre les phrases et une suite, toujours logique, dans le récit. Plus agréable à lire comme ça.

Virginie Despentes a aussi tenté un truc qui m’a paru sympathique. La narratrice est la détective privée en charge de l’affaire, « Je » qu’elle dit, et « je » est la dernière des cruches. Cependant le récit est coupé par chapitre par des histoires de personnes « Il » ou « Elle ». Ainsi : « Il » ou « elle » à rencontrer Valentine la fugueuse, et leur histoire est narrée par ce schéma : qui sont-ils -> comment Valentine a débarqué dans leur vie (version vérité) - > les détectives qui viennent fouiner (version arrangée).
Ça vaut ce que ça vaut, mais cette cassure dans le récit n’est pas désagréable, elle adapte bien son style au personnage.

Les intérêts :
Elle nous parle de la crise, et ancre le récit dans la réalité pure parisienne ou barcelonaise. Quoi qu’il en soit, on reconnait bien notre contexte actuel, nos petits milieux.
Nos petits milieux ? Sociaux oui. Elle a un peu joué à la croisée des genres. Ce qui est tout à son honneur du point de vue que c’est bien fichu. Le fait de consacrer une partie à chaque personnage permet de comprendre son attitude et de montrer un aspect du système. On part de la vieille bourgeoise aigrie en passant par le jeunot de banlieue révolté en arrivant à la détraquée de base. Archétypes me direz-vous ? Peut-être, mais un bon reflet, un bon croisé.

Le merveilleux spoil, à ne pas lire si vous n’avez pas déjà zieuté le bouquin :
Spoiler:
 

Le problème du genre Despentes, c’est le trash, en effet, c’est un des intérêts de son livre Baise-moi. Cependant ici, le trash est par pincées, par le fait que les milieux que Valentine fréquente ne sont pas toujours bons et qu’elle ne sait pas trop quoi faire de son corps. Le trash est aussi injecté par le fait que les enquêtrices ne savent pas tellement comment s’amuser dans Barcelone. Je parlais ici de trash sexuel.
Le trash des situations, est de parler de revente de drogues ou des différentes magouilles des différents personnages. Les histoires de vies sont plutôt sombres et les personnages se prêtent à un jeu de masques perturbant, terrifiant. Ainsi, leur vie peut être considérée comme « trash » dans le sens où tout le monde ne vit pas ces aventures-là. De plus le style Despentes se veut crue, mais le fait qu’elle ait fait un réel travaille au niveau du style, permet à la pilule de passer le plus convenablement du monde.

Je n’aime pas la fin, trop longue, trop de fioritures, trop de questions mal amenées.
Il y a une fausse happy-end que je trouve dérisoire, une intrigue d’amourette d’une bonne idée mais on a l’impression qu’elle n’a pas su la terminer, s’en dépêtrer convenablement.
Un plutôt bon rebondissement, une signature de fin intéressante, mais ensuite l’auteure à choisie de continuer. L’initiative aurait pu être bonnes, de bonnes questions, nous laissant un peu sur notre faim, un bon angle de vue –faire tomber des gens dans l’oubliette, de nouveau manipuler l’opinion et la vérité-. Mais le tout est si mal introduit et trop long, et on se retrouve avec une amourette dont on ne sait que faire !
A vous de juger !

Des mots clefs ?
- Masques. Vérité/mensonge.
- Parcelles de vies/Milieux sociaux
- Manipulation
- Recherche d’identité
Dernier point : le contexte actuel, très ancré, au moment où les révolutions arabes ont pu faire entendre leurs cris grâces aux réseaux sociaux, il est question de ces nouvelles technologies et de leurs répercutions. Surtout si on prend en compte la revendication via internet de certains faits grâce à des vidéos circulant sur le web. Tout cela est montré, dans l’aspect de tension qui règne et de manipulation, revendications internet et agressions poluplaires.

Et puis, il me semble que ma prof d'histoire de Terminale aimait bien ce livre, alors si elle l'aimait bien, c'est qu'il est bien, car ma prof, elle était super bien !

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